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LES 5B RENCONTRENT ERIC SIMARD, lauréat du prix "Lire & Choisir 2014"

jeudi 13 mars 2014

La classe de 5B a participé au prix « Lire & choisir » 2014 organisé par le réseau des médiathèques, en partenariat avec la médiathèque Anatole France.

Les élèves ont lu les 3 romans en compétition :

Dany dit non ! de Rachel Hausfater
Wiggins Un rival pour Sherlock Holmes de Béatrice Nicodème
Les larmes d’Ithaque de Eric Simard

C’est Eric Simard qui a remporté le prix qui a rassemblé 14 classes de collèges de la ville nouvelle. Il est venu rencontrer le mardi 4 mars ses lecteurs du Village, qui avaient de nombreuses questions à lui poser. Avec beaucoup de gentillesse et d’attention, Eric Simard a répondu à leurs interrogations ; leur a dévoilé les coulisses de l’édition et surtout expliqué que l’orientation et les projets professionnels ne sont jamais figés et gravés dans le marbre.

La rencontre a débuté par cette question : « Combien d’entre vous pensent qu’il existe un diplôme d’écrivain ? », entrée en matière qui a quelque peu étonné l’auditoire !

Et qui a permis à Eric Simard d’expliquer comment il en était arrivé à écrire des livres et à finalement en vivre après avoir jusqu’à trente-cinq ans exercé de nombreux métiers divers et variés.

1) Comment je suis devenu écrivain

En fait, je n’avais jamais pensé à écrire. Quand j’étais au collège, un écrivain était pour moi vieux ou mort ou tout à fait incompréhensible. Mon père était basketteur, moi-même bon dans ce sport, je pratiquais le basket qui était ma passion jusqu’à ce qu’un accident ne vienne contrarier mes projets puisque je ne pus récupérer mon niveau et dus abandonner mon rêve de devenir basketteur professionnel.

Il se trouve que l’adolescence fut pour moi comme pour beaucoup de jeunes de quinze ans un moment difficile où j’étais envahi de sentiments que je ne parvenais pas à exprimer et qui me laissait complètement noué. Finalement, comme mes sœurs tenaient un journal intime, je décidai d’en faire autant et remarquai que le fait d’écrire me permettait de me libérer de ce qui me pesait et m’embêtait et donc de me sentir mieux

En ce qui concerne mon orientation professionnelle, que je devais réviser puisque le basket m’était impossible, je décidai alors de me diriger vers des études d’ingénieur pour faire plaisir à mon père ; à vingt-deux ans, j’avais mon diplôme mais je me suis rapidement rendu compte que ce genre de travail m’ennuyait.
A la suite du décès de mon père, je décidai d’abandonner le métier et me retrouvai totalement indécis : « je savais ce que je ne voulais pas faire mais ne savais pas ce que je voulais »

C’est à ce moment-là que j’ai rencontré un écrivain qui me ressemblait avec ses émotions, ses sentiments et sa fantaisie. Cet écrivain m’a permis de comprendre que je pouvais allier mes propres qualités : la fantaisie, l’imagination et l’envie d’écrire pour en faire quelque chose.

C’est à ce moment-là que je me suis mis à écrire et que je me suis aperçu que ça me plaisait, mais je n’osais pas envoyer mon manuscrit à un éditeur par peur du refus et de l’échec. Tout en écrivant, je vivais grâce la pratique de différents métiers
A trente-cinq ans, je me suis aperçu que dans la vie le pire ce n’est pas d’essuyer un refus mais d’avoir des remords parce qu’on n’a pas osé essayer. Du coup, je me suis lancé : j’ai envoyé un manuscrit à quinze éditeurs. Au fil des jours et des mois, les refus arrivaient jusqu’à la quinzième réponse qui fut positive : mon livre allait être publié ! A ce moment-là, je décidai de me consacrer entièrement à l’écriture. Par chance, mon deuxième livre fut un best-seller et depuis jeil vis de msa plume au rythme d’environ un roman par an plus des histoires courtes et un récit sur la vie de Rosa Parks, au total une cinquantaine de livres, dont certains sont traduits en chinois, en italien, en turc, …

2) Comment l’inspiration arrive-t-elle ?

Elle vient de tout ce qui me touche, des émotions de ma fantaisie. Lorsque j’étais enfant, j’étais dans la lune et j’aimais rêver, transformer les choses.
J’étais un passionné de la mythologie et surtout de l’Iliade et de l’Odyssée ; je ne pouvais pas les lâcher surtout l’Odyssée, il y a tout dedans. Ulysse c’est un héros mais c’est un héros qui présente une certaine fragilité.

En fait, c’est facile de commencer une histoire, beaucoup difficile de la finir. « les larmes d’Ithaque » a été commencé en l’an 2000, j’ai mis plus de dix ans à le terminer et je l’ai modifié jusqu’au dernier moment, jusqu’à un mois avant la date de la remise à l’éditeur.
Construire une histoire, c’est comme construire un château. Et il faut la montrer à d’autres personnes qui pourront voir les défauts que vous en tant qu’auteur vous ne pouvez pas voir. Ma famille, mon directeur de collection donnent leu avis. En ce qui concerne ma famille, ma fille a lu tous mes manuscrits, alors que mon fils ne l’a jamais fait car il est plutôt dans l’action (il est pompier) peut-être qu’un jour, il en aura envie.

Où écrivez-vous ?
Je peux écrire partout une fois que l’histoire est lancée car pour le premier brouillon, je dois être chez moi tranquille, dans ma bulle ; ensuite, je vais corriger plein de choses mais je peux travailler n’importe où.

3) Peut-on vivre du métier d’écrivain ?

C’est difficile, mais c’est possible. Cette question a permis à Eric Simard de faire réfléchir les élèves sur le circuit du livre, l’édition, le nombre d’intervenants dans la chaîne du livre, la répartition du prix du livre entre ces différents acteurs et sur l’évolution de ce secteur avec l’apparition du numérique.

Très concrètement, Eric Simard fit un petit schéma qui éclaira la répartition du prix d’un livre, ce qui permit aux élèves de découvrir que pour un livre de douze euros, l’auteur reçoit environ 90 centimes, ce qui les fit beaucoup rire au premier abord, mais leur parut beaucoup plus intéressant lorsque le livre se vend à 100 000 exemplaires ou plus !

En conclusion, Eric Simard attira l’attention des élèves sur le fait que le prix du livre correspond à la rémunération des différentes personnes qui travaillent pour que l’histoire sortie de l’imagination de l’auteur devienne un livre accessible au lecteur, que ce soit sur un support papier ou numérique ; or, avec la numérisation, risque de se poser comme pour la musique le problème du piratage qui permet de profiter de ce travail sans le rémunérer, ce qui conduit à la disparition des œuvres car qui peut accepter de travailler pour rien ?

Pour conclure ce moment, Eric Simard nous a présenté son dernier ouvrage : « Aylin et Siam », premier d’une trilogie qui paraît chez Syros. En souvenir de cette rencontre, les élèves repartirent avec un marque-page de ce livre et la documentaliste avec une affiche de présentation que vous trouverez à l’entrée du cdi. Le livre est d’ores et déjà disponible au CDI.

BIBLIOGRAPHIE DES OUVRAGES de Eric. SIMARD AU CDI :

 Les larmes d’Ithaque, Syros Cote R SIM
 La femme noire qui refusa de se soumettre : Rosa Parks, Oskar. Cote B PAR
 Aylin et Siam Cote SF SIM
 Sohane l’insoumise, Mango, Autres Mondes Cote SF SIM
 Clarisse (in « Les visages de l’humain », Mango,
Autres Mondes Cote SF VIS
 Robot, mais pas trop, MiniSyros Cote SF SIM

 Mission liberté, Bayard Presse, D Lire n°57

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Directeur de publication : Aziz CHNEGUIR, Principal du collège